Un vaudeville réjouissant de Georges Feydau entre au répertoire de la Comédie Française

Publié le 12.06.2017
L'Hôtel du libre-échange, ce vaudeville créé en 1894 par Georges Feydau, entre au répertoire de la Comédie Française dans une mise en scène d'Isabelle Nanty. Une scénographie et des costumes signés Christian Lacroix. Jusqu’au 25 juillet.
© Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française
L’Hôtel du libre-échange de Georges Feydeau

A l’hôtel du Libre-échange, les portes claquent, les personnages vont et viennent, se cachent, s’évitent… pour bien sûr se retrouver nez à nez. Dans cet hôtel borgne de la rue de Provence, « recommandé aux gens mariés, ensemble ou séparément », Madame Pinglet (Anne Kesler) et Monsieur Paillardin (Michel Vuillermoz) venus chercher un peu de discrétion pour leur très improbable liaison, vont vivre la nuit la plus agitée de leur vie bourgeoise. Car il n’est pas si simple de commettre l’adultère quand l’amour se dérobe et que toutes vos connaissances se sont également données rendez-vous dans ce bouge.

On se félicite que la Comédie Française ait fait entrer cette pièce à son répertoire en mai 2017 tant Georges Feydeau offre une nouvelle fois une partition millimétrée, jouée avec maîtrise et gourmandise par la troupe. C’est à Isabelle Nanty qu’a été confiée la mise en scène, et l’humour du maître incontesté du quiproquo et du Vaudeville lui va comme un gant ! Elle fait de cet hôtel, décoré pour la première fois par Christian Lacroix, une maison de poupée où le spectateur peut assister simultanément aux scènes échevelées se déroulant dans toutes les chambres, sans avoir à y percer des trous à la chignole comme le fait Laurent Lafitte qui campe un garçon d’étage à la fois lunaire et retors.

Si Chritian Hecq excelle en provincial naïf et bègue – uniquement les jours de pluie - entourée de ses quatre filles, Jérôme Pouly, toute moustache cirée, sait rendre à la fois la goujaterie - mais aussi, parfois, la délicatesse - des hommes mariés délaissant leurs épouses. Car l’adultère n’est qu’un prétexte : sous les conventions bourgeoises perce une noirceur dont on peut, aujourd’hui encore, saisir la portée.
L’Hôtel du libre-échange, de Georges Feydeau, avec Maurice Desvallières. Mise en scène : Isabelle Nanty. Comédie-Française, salle Richelieu, place Colette, Paris-1er. Durée : 2 h 20 sans entracte.
> Découvrez le programme