Le « maître de Delft » reçoit au Louvre

Publié le 06.03.2017
Réunissant pour la première fois à Paris depuis 1966 douze tableaux de Vermeer - soit un tiers de la production connue du maître de Delft -, l’exposition explore le réseau des relations qu’il a entretenues avec les autres peintres hollandais.
Tableau de La Dentellière de Vermeer exposé au Louvre
© Le Louvre
Johannes ou Jan VERMEER (Delft, 1632 - Delft, 1675), La Dentellière

Quelles relations le peintre a t-il entretenues avec ses confrères ? Était-il si isolé comme on l’a longtemps pensé ? Un autre regard sur Vermeer et ses contemporains, c’est le propos de cette exposition-événement Vermeer au Louvre, à ne surtout pas manquer.

Parmi les douze tableaux de Vermeer exposés au Louvre, une œuvre de jeunesse du peintre hollandais, qui n'est que très exceptionnellement prêtée par le Rijksmuseum d'Amsterdam : La Laitière. L'exposition est l'occasion aussi de venir admirer La Dentellière le plus petit tableau (24,5 × 21 cm), peint vers 1670. Il représente une jeune-fille absorbée par son ouvrage. Merveilleux coloriste, Vermeer utilisait des pigments naturels très onéreux : des couleurs de terre comme l'ocre et l'ambre et des bleus lapis-lazuli.

Au Siècle d’or néerlandais au XVIIième siècle, Vermeer fascine par ses scènes d’intérieur. Génie de l’intime, il est l’un des premiers à rendre compte de la profondeur en rendant flou le premier plan et en travaillant sur l’extrême netteté du second plan. Exemple de l’une de ses astuces visuelles : le damier figuré au sol dans la toile La Leçon de musique (1662-64) dirige habilement le regard du spectateur vers le décor. Il est ainsi considéré comme le maître incontesté de la perspective.

Surnommé le « Sphinx de Delft » en raison de sa biographie longtemps restée obscure, Vermeer a très peu représenté sa ville. Paradoxe : c’est en décrivant la vue de Delft et son « petit pan de mur jaune » dans « La Prisonnière » que Marcel Proust a contribué à remettre l’artiste sur le devant de la scène au XIXe siècle.

Comment l'auteur de « À la recherche du temps perdu » a t-il connu la fameuse toile de Vermeer ? En se rendant un jour de 1921, avec le critique d'art Jean-Louis Vaudoyer voir l'« Exposition hollandaise » au musée du Jeu de paume. Dans cette rétrospective, Rembrandt triomphait par le nombre de peintures. Trois Vermeer, seulement. Alors que Proust s'en approchait, il fut pris d'une violente crise d'asthme. Cet épisode personnel lui ayant inspiré le récit.

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