Mutations-Créations au Centre Pompidou, quand le monde s'imprime en 3D

Publié le 16.03.2017
Qualifiée de « technologie disruptive », l’impression 3D se diffuse depuis une quinzaine d’années à une large échelle. L'objet « imprimé » en 3D est en train de révolutionner les process de fabrication, à la fois dans les domaines de l’art, du design ou de l’architecture.
© Ministère de la Culture et de la Communication

Le saviez-vous ? L'origine de l'impression 3D est française. En effet, la photosculpture aurait été inventée par le français François Willème vers 1860. Le sculpteur-photographe a inventé la captation photographique tridimensionnelle. Dans les années 1960, l’avènement de l’informatique, des machines à commande numérique et de l’automatisation ouvre un nouvel espace numérique. « Hackers » et « makers », issus d’une culture communautaire aux États-Unis, lancent une économie collaborative où l’artisanat et les technologies numériques s’hybrident. Dans les années 1980, le premier objet par fabrication additive (stéréolithographie) est imprimé. Au tournant des années 2000, de nouveaux logiciels permettent des modélisations numériques 3D. Aujourd’hui, designers et architectes interviennent sur les langages de programmation comme sur les processus de production, c'est ce que montre l'exposition « Mutations-Créations : imprimer le monde » au Centre Pompidou.
 
De l’objet de design au prototype architectural, de l’atelier de production aux projets innovants de laboratoire, l'exposition réunit une jeune génération d’artistes, designers et architectes qui s’est emparée de l’impression 3D comme outil critique d’expérimentation. À travers la sélection d’une trentaine de créateurs, Imprimer le mondeéclaire les mutations des formes au sein d’une « matérialité digitale » où une nouvelle typologie d’objets a fait son apparition et dont l’impression 3D est le dénominateur commun. L’impression 3D a débouché sur la création d’un nouvel artefact où s’imbriquent savoir-faire artisanaux et technologies numériques.

Le premier pont en métal imprimé en 3D voit le jour à Amsterdam grâce au designer Joris Laarman, la première table en fabrication additive de titane par Mathias Bengtsson. Le hollandais Dirk Vander Kooij recourt à des fils de plastique recyclé pour la fabrication de ses objets de design. Les architectes se sont emparés de ces technologies pour développer de nouveaux process de construction qu’ils expérimentent à travers des prototypes ou des objets de mobilier. Du micro (imprimer des cellules vivantes) au macro (imprimer des architectures à l’échelle 1 :1), du visible à l’infra-visible, la fabrication additive questionne tant le statut de l’œuvre, que le monde de l’industrie et de la recherche scientifique.

 Comment interpréter ou recomposer un espace par la musique ? Les installations, produites par l’Ircam pour l’exposition, réalisent la simulation en 3D de l’espace sonore. Dans Disenchanted Islands, la compositrice Olga Neuwirth entraîne virtuellement le visiteur-spectateur à San Lorenzo de Venise, lieu de la création de Prometeo de Luigi Nono dans une scénographie de Renzo Piano. Par le procédé de convolution 3D, l’empreinte sonore de l’église vénitienne est transférée dans l’espace du musée. Pour Jardin d’Éden, les artistes Raphael Thibault et Hyun-Hwa Cho ont imaginé une installation immersive, sous la forme d’une double projection vidéo, de sculptures réalisées en impression 3D et d’un panorama sonore et musical. La spatialisation des sons est ici composée selon les images. Une expérience immersive et créative à vivre.

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